Dès son arrivé en Guinée, le visiteur perçoit que le pays est en train de se réinventer. Les grues poussent, les délégations étrangères se succèdent, et dans les couloirs des ministères, on parle davantage de projets à venir que des vieilles histoires du passé.
C’est dans cette effervescence qu’Hubert de Nomazy, directeur de Motilde, s’est rendu à Conakry, dans le cadre du parcours business international organisé par Bpifrance. Cette visite s’est accompagnée d’échanges avec plusieurs acteurs économiques et institutionnels du pays, dont le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, autour des projets de modernisation en cours.
Ce déplacement a également permis de visiter des infrastructures et d’échanger sur les besoins locaux spécifiques. Il a confirmé de plus que la Guinée est un marché émergent en train de s’écrire, où les savoir-faire étrangers sont les bienvenus si l’expertise est réelle et contribue utilement au développement du pays.
Le programme Simandou 2040 n’est pas un simple slogan gouvernemental. Porté par le président Mamadi Doumbouya et son gouvernement, il fixe un cap : valoriser les ressources naturelles du pays pour investir massivement dans les infrastructures publiques mais aussi muscler le secteur privé et créer de l’emploi durable.
En conséquence, les délégations se succèdent à Conakry : La Société financière internationale, membre du groupe de la Banque mondiale, UK Export Finance, etc. .. C’est dans cette dynamique que le ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement a organisé avec Bpifrance le Forum des affaires Guinée-France à Conakry.

Ces événements successifs racontent un pays qui cherche activement à se positionner comme une destination crédible pour l’investissement, avec des réformes annoncées pour favoriser l’environnement des affaires. Ce discours d’ouverture a pour ambition de contribuer à répondre aux besoins qui restent immenses et touchent tous les secteurs : énergie, eau, agriculture, numérique, transport. Une population jeune, nombreuse, pousse cette transformation depuis le terrain.
Il suffit de passer quelques heures au Port Autonome de Conakry, comme a pu le faire Hubert de Nomazy lors de sa visite, pour comprendre ce que vivent au quotidien ses équipes. Le trafic augmente fortement, les opérations se complexifient, et la pression sur la sécurité ne cesse de monter – notamment pour répondre au code ISPS, ce cadre international pour la sûreté des navires et des installations portuaires que l’Organisation maritime internationale a mis en place après le 11 septembre 2001-. Concrètement, cela signifie des caméras à surveiller, des accès à contrôler, des capteurs à interpréter, des opérations à superviser, autant d’outils hétérogènes installés au fil des années, avec une cohérence et une lisibilité globales à inventer.

Et Conakry n’est pas un cas isolé. Le rapport 2025 de la CNUCED sur le transport maritime rappelle que plus de 80 % du commerce mondial de marchandises passe par la mer, une part encore plus élevée pour les pays en développement. La même étude note que les ports africains ont connu, en 2025, la croissance de connectivité maritime la plus rapide au monde, portée en bonne partie par le report du trafic hors de la mer Rouge.
La visite du port a été précédée d’un tête-à-tête entre le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo et Hubert de Nomazy, sur les projets en cours d’élaboration, comme le centre de surveillance de l’ARTFM. Ce genre d’échange informel, tout comme une visite de site, permet de comprendre les priorités et les spécificités locales. Les ports, l’aérien, le ferroviaire, la route : la feuille de route du gouvernement guinéen est ambitieuse, dans la continuité des réformes engagées ces dernières années.

Un port, un site énergétique, une infrastructure de transport terrestre partagent une même problématique pour leur supervision : des systèmes opérationnels et de sécurité empilés au fil du temps, qui communiquent des informations précieuses mais souvent au détriment d’une gestion d’événements centrée sur l’essentiel. Une caméra détecte un mouvement suspect pendant qu’un capteur signale une anomalie ailleurs sur le site, et personne n’a le temps de croiser ces informations avant qu’il ne soit trop tard. Rassemblés dans une supervision qui fait les liens, ces signaux redeviennent exploitables – et la réaction, plus rapide.
L’enjeu économique est aussi souvent sous-estimé. Une panne qui traîne, un flux mal régulé, une alerte traitée trop tard : chaque retard a un coût, qu’il s’agisse d’un navire immobilisé à quai, d’une ligne de production à l’arrêt ou d’un chantier qui prend du retard. Avoir une vision d’ensemble des opérations permet, tout simplement, de voir venir les blocages avant qu’ils ne se transforment en crise.
Ce ne sont pas les entreprises les plus rapides qui réussissent en Guinée, mais celles qui prennent le temps de bien faire les choses. Il faut d’abord, s’ancrer localement plutôt que de multiplier les allers-retours ponctuels. Ensuite, prendre au sérieux les contraintes opérationnelles réelles du pays (logistique, intégration de systèmes existants, climat…). Enfin, nouer de vrais partenariats sur place : la collaboration engagée entre Motilde et MouNa Group Technology, groupe guinéen en plein essor, en est un bon exemple.
Le programme Simandou 2040 donne une direction claire à l’économie guinéenne, centrée sur les ressources naturelles, les infrastructures publiques et le secteur privé. Cela a suffi à attirer, en quelques mois, la Société financière internationale, UK Export Finance et l’organisation du Forum des affaires Guinée-France. Par ailleurs, la croissance guinéenne est une des plus fortes au monde : plus de 10% attendue en 2026.
Un trafic en hausse, des opérations plus complexes à gérer, et des exigences de sûreté toujours plus fortes liées au code ISPS – avec, en toile de fond, la nécessité de réduire le temps que les navires passent à quai.
Parce que rien n’y est figé. Les infrastructures, les usages, les cadres réglementaires se définissent encore dans plusieurs secteurs, ce qui laisse une vraie marge de manœuvre à ceux qui s’y engagent tôt, plutôt qu’une place à conquérir sur un marché déjà structuré.
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